La réduction des risques à l’épreuve de l’exceptionnalisme psychédélique
Cet article interroge l’exceptionnalisme psychédélique à partir de l’étude de dispositifs de réduction des risques (RDR) en France. Nous nous demandons dans quelle mesure la RDR, lorsqu’elle concerne les psychédéliques, reproduit, conteste ou renforce cet exceptionnalisme. À partir d’un travail ethnographique auprès de trois associations de RDR en France, nous décrivons les configurations différenciées de pratiques, savoirs, expériences et substances sur lesquelles se constituent ces collectifs et qui fondent leur philosophie d’entraide. Dans un second temps, nous revenons sur la manière dont les acteurs de ces collectifs appréhendent les tensions émergentes entre les principes généraux de la RDR de transversalité des risques et de non-hiérarchisation des substances, en regard de singularités des psychédéliques qu’ils identifient eux-mêmes comme pertinentes pour mieux accompagner les personnes usagères de drogues. Il est alors plus généralement question de nourrir les réflexions concernant les logiques d’engagement de collectifs de personnes concernées par des questions sanitaires ou scientifiques, et de comment leurs savoirs peuvent enrichir les débats concernant la gouvernance de la recherche médicale.
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