Dans l’ombre du charlatan : l’éthique de l’influence comme posture thérapeutique pour les psychédéliques
Cet article propose une réflexion sur la place du thérapeute dans les psychothérapies assistées par psychédéliques (PAP). Alors que le modèle biomédical dominant est neuropharmacologique, centré sur la plasticité synaptique et la neutralité du soignant, l’hypothèse présente est que la posture de neutralité pourrait s’apparenter à une illusion épistémologique au regard de la vulnérabilité induite. Ce texte réactualise un dilemme ancien des PAP, entre approche psycholytique, intégrant l’influence relationnelle comme moteur du soin, et psychédélique, orienté vers l’expérience mystique. Ce dilemme existait déjà dans l’histoire et la philosophie de la médecine à travers la crainte de l’influence du médecin. L’augmentation de la plasticité synaptique accroît la suggestibilité et la vulnérabilité du patient, avant, pendant et après la PAP. Nier cette influence expose au risque d’emprise. À l’inverse, une pratique éthique exige la reconnaissance de la non-neutralité et une éthique de l’influence. L’efficacité des PAP ne résiderait pas uniquement dans la molécule, mais aussi dans la capacité réflexive du clinicien et du patient à co-construire une narration thérapeutique favorisant l’autonomie du sujet. La formation des praticiens doit donc intégrer la maîtrise des dynamiques transférentielles et spirituelles, au-delà du simple protocole technique.
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