Les liaisons dangereuses entre morale et science : une application pratique au cas de la réduction des risques
L’importance croissante accordée aux arguments scientifiques, en particulier neurobiologiques et épidémiologiques dans le champ de l’addiction, tant au niveau de la prise en charge clinique que des décisions en matière de politique publique, invite à s’interroger sur la place du discours scientifique dans ce type de débat, en particulier face à des arguments jugés « moraux » ou « éthiques ». Sans remettre en cause le caractère fondamental des avancées scientifiques permises par les progrès technologiques des dernières décennies, il s’agit de se questionner sur la distinction bien souvent hâtivement opérée entre science et morale, souvent au détriment de cette dernière. En partant des cas de la guerre à la drogue et de la réduction des risques, on peut se demander si une réflexion honnête sur la complexité de telles questions ne gagnerait pas à accepter sa dimension intrinsèquement éthique, afin d’éviter l’écueil de ne plus parler qu’en termes d’efficacité et de coûts sociaux dont la définition tend à être mise sous le tapis.
- éthique
- science
- objectivité
- addiction
- politique
- réduction des risques
