« Drogue » ou « médicament » ? Étude qualitative de la représentation sociale de l’héroïne au sein d’une unité hospitalière ambulatoire de prescription d’héroïne pharmaceutique
Cette étude explore les représentations sociales (RS) de l’héroïne dans un centre de traitement universitaire avec traitement par prescription de diacétylmorphine (TPD) en Suisse romande. Treize professionnel·le·s ont participé à des entretiens individuels et un sous-groupe a aussi participé à un focus group. Trois résultats principaux émergent. Premièrement, la RS de l’héroïne est duale. Elle fait appel à deux types d’héroïne distincts : l’héroïne de rue (HDR) et l’héroïne pharmaceutique (HP). Deuxièmement, les RS de l’HDR et de l’HP sont dépendantes l’une de l’autre et s’articulent de façon dynamique autour d’un noyau central. Troisièmement, la RS de l’héroïne est polyphasique : si sa composante HDR est perçue comme une « drogue dure », au sens d’une substance d’usage non médical particulièrement dangereuse, sa composante HP oscille entre « médicament » et « drogue », échappant ainsi au statut unique de traitement. Ces constats permettent de mieux comprendre certaines résistances des équipes cliniques vis-à-vis des TPD en dépit des preuves scientifiques quant à son utilité thérapeutique.
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