« Drogue » ou « médicament » ? Étude qualitative de la représentation sociale de ­­l’héroïne au sein ­­d’une unité hospitalière ambulatoire de prescription ­­d’héroïne pharmaceutique

Par Maurane Bosson, Olivier Simon, Yasser Khazaal, Joël Billieux, Francesco Panese, Sophie Paroz
Français

Cette étude explore les représentations sociales (RS) de ­­l’héroïne dans un centre de traitement universitaire avec traitement par prescription de diacétylmorphine (TPD) en Suisse romande. Treize professionnel·le·s ont participé à des entretiens individuels et un sous-groupe a aussi participé à un focus group. Trois résultats principaux émergent. Premièrement, la RS de ­­l’héroïne est duale. Elle fait appel à deux types ­­d’héroïne distincts : ­­l’héroïne de rue (HDR) et ­­l’héroïne pharmaceutique (HP). Deuxièmement, les RS de ­­l’HDR et de ­­l’HP sont dépendantes ­­l’une de ­­l’autre et ­­s’articulent de façon dynamique autour ­­d’un noyau central. Troisièmement, la RS de ­­l’héroïne est polyphasique : si sa composante HDR est perçue comme une « drogue dure », au sens ­­d’une substance ­­d’usage non médical particulièrement dangereuse, sa composante HP oscille entre « médicament » et « drogue », échappant ainsi au statut unique de traitement. Ces constats permettent de mieux comprendre certaines résistances des équipes cliniques vis-à-vis des TPD en dépit des preuves scientifiques quant à son utilité thérapeutique.

  • représentations sociales
  • héroïne
  • diacétylmorphine
  • opioïdes
  • substances placées sous contrôle
  • médecine des addictions
  • addiction
  • trouble de ­­l’usage de substances
  • méthodologie qualitative
  • professionnels de la santé
  • suisse
Voir l'article sur Cairn.info