Jouer à se faire interdire

Par Christian Bucher
Français

Résumé

Jouer à quitte ou double. Ne pas pouvoir s’arrêter après avoir gagné. Rejouer et perdre. Encore. Jusqu’à perdre tous ses biens. Se perdre, aussi. En guise de « thérapie », jouer, toujours, mais alors jouer à se faire interdire ? De la bouche des joueurs compulsifs, revient de manière incantatoire au sortir d’une soirée au casino l’affirmation péremptoire d’une décision : « Demain, le mois prochain, je me fais interdire. » Une issue, la seule, serait ainsi de se faire volontairement exclure de ces « lieux de perdition ». Se faire « arrêter », pour ce qui concerne le toxicomane, par l’application de la loi pénale. « Se faire interdire », s’agissant du joueur pathologique, par le truchement d’une mesure administrative entamée à son initiative. Un dispositif un peu lent à se déployer, avec la promotion, à l’arraché, d’un tiers réflexif, interdicteur. Un tiers dans la réalité à défaut d’efficacité symbolique permettant de s’affranchir. Comme une ultime victoire dans la défaite ?

Mots clés

  • addiction
  • jeu pathologique
  • dette
  • interdit
  • loi
  • masochisme
  • conduite à risque
  • transgression
  • droit civil
Voir l'article sur Cairn.info